SMALL DATA

Paris, le 6 juillet 2045.

Mr le psychologue en chef des Armées du Moyen-Orient et de L’Afrique de L’ouest, je souhaite attirer votre attention sur ma santé mentale qui se dégrade de jour en jour, suite au récent piratage des serveurs du Ministère de la Défense. Conformément à la procédure de demande d’assistance psychologique, voici le résumé de ma situation. À l’heure où j’écris cette lettre, je m’appelle Ari D. Je serai bref car, comme vous le savez, à minuit l’algorithme m’attribuera un nouvel avatar et les demandes faites au nom de deux pseudos sont interdites. Il y a six mois, mes données personnelles se sont volatilisées en Russie avec celles de tous les dépendants du Ministère. Les hackers se sont servis de l’agence de chasseurs de têtes chargée de notre recrutement pour pénétrer dans le système informatique et accéder à nos informations confidentielles. Je ne vous apprendrai rien en vous disant que le ministre de la Défense lui-même fut victime également de ce piratage. Il s’était soumis au traitement de ses données personnelles pour donner l’exemple et ses data ont été dérobées en même temps que celles des autres fonctionnaires des forces armées en charge de la sécurité du pays. Des recrues aux plus hauts gradés de l’état-major Air, Mer, Terre, Cyber en passant par les simples secrétaires d’administration de la guerre, comme moi. Peu après cette cyberattaque classée alerte rouge par l’Agence de Sécurité Nationale, notre hiérarchie déclara que la situation était sous contrôle et que tout allait rentrer dans l’ordre très rapidement. Malheureusement quelques jours plus tard, tout est rentré en effet, mais pas dans l’ordre ! Lors d’une deuxième incursion dans les serveurs informatiques du Ministère dont la sécurité avait pourtant été renforcée, les pirates ont réintégré toutes nos données volées pendant la précédente attaque dans le désordre le plus total. Personne ne s’y attendait. Ce fut la confusion générale. En l’espace d’une heure, tout le monde changea virtuellement de nom, d’âge, de grade, de compte bancaire et même pour certains, de sexe ! Si chacun en son âme et conscience savait encore pertinemment qui il était, comment il s’appelait et quelle était sa fonction précise au Ministère, les choses en allaient de façon bien différentes dans les communications avec les postes de commandement. Ceux-ci furent inondés de rapports contradictoires en provenance des théâtres d’opération éloignés et émirent en retour, des ordres de nature à déstabiliser nos forces militaires engagées sur le terrain. Bientôt, les relations informatisées entre les différents services de l’armée devinrent impossibles, comme les échanges quotidiens entre nous. Le réfectoire du personnel et le mess des officiers se transformèrent en lieu de conflit ouvert permanent. Dans chaque caserne, il fallut désactiver d’urgence l’algorithme prédictif de menus qui établissait les plats en fonction des noms et des goûts de chacun, devant le mécontentement croissant des troupes. Tout le monde a commencé à suspecter ses voisins de chambres ou de bureau et les premiers troubles de comportement sont apparus. Dans les semaines qui suivirent ces deux cyberattaques, une grosse tête du Ministère de la Défense dont je ne peux citer le nom – et vous comprendrez facilement pourquoi – décida d’attribuer un numéro d’identifiant inviolable aux 270 000 engagés et civils de l’armée. On nous convoqua les uns après les autres pour renforcer notre identification biométrique. On nous annonça par la même occasion que nous devions abandonner notre nom de famille pendant quelque temps, car c’était la seule donnée qui ne pouvait être effacée définitivement. Notre nom suffisait aux hackers pour nous retrouver à tout moment. Il y allait de la sécurité du pays, de la notre et de celle de notre famille, bien entendu. Chacun reçut temporairement un identifiant unique. Cet I.D. étant composé d’une longue série de chiffres, de lettres et de signes, il fut décidé après une consultation avec les représentants du personnel et les psychologues de nous attribuer aussi un avatar, pour des raisons d’humanisation. Car rien n’est plus impersonnel que de porter un numéro d’identification, aussi sécurisant soit-il. Tout ce qui était à mon nom a dû être renouvelé -ma carte d’identité, mon passeport, mon numéro de téléphone, mon permis de conduire, mes comptes bancaires, le contrôle de ma domotique et de ma vidéo-surveillance, le déblocage de ma voiture, – ou sécurisé autant que possible – mon âge, mon casier judiciaire, les noms de ma femme et de mes filles, les noms des amis qui se sont portés garants pour moi lors de l’achat de ma maison. Sans compter mon adresse, j’en suis à mon quatrième déménagement ! Mais le plus grave, c’est que les pirates sont entrés en possession de mes informations vitales de santé, qui, elles, ne peuvent être effacées sans risque pour ma vie : mon groupe sanguin, mon ADN séquencé et mon dossier médical. Si pour l’instant, ils n’ont pas encore touché à ma personne ni à mes proches, qui sait ce qui peut arriver demain ? Je n’ai pas un grade élevé dans l’armée et dans l’administration de la guerre et je m’inquiète peut-être sans raison. Entre militaires, il faut un certain courage pour parler de ces choses-là ! Pendant ce temps, une armée de développeurs était mobilisée pour résoudre le problème, purement “technique” selon nos supérieurs, mais qui s’avérait en réalité beaucoup plus complexe à démêler que le précédent. Officiellement, nous n’avions plus l’autorisation d’utiliser notre nom de famille et officieusement, nous devions participer à des séances de soutien psychologique intensif. C’est ainsi que je fus amené à vous rencontrer une première fois il y a 3 mois. Je commençais à me sentir très mal dans ma peau. La suite, vous la connaissez. Ces cyberattaques dirigées contre le Ministère de la Défense n’étaient qu’un prélude, un “tour de chauffe” pour les pirates, qui ciblèrent un mois plus tard l’Agence Nationale de Contrôle du Numérique. Ce service rattaché au Ministère de l’Intérieur et chargé du fichage informatique de toute la population fut proprement vidé de ses données. Comme les experts le craignaient, ces dernières furent bientôt réinjectées de façon anarchique dans les serveurs de l’Agence. Ce qui provoqua le disfonctionnement global des administrations publiques. Face au chaos monstrueux qui s’ensuivit dans les transports, les hôpitaux, la police, les banques et pour répondre aux critiques de l’opposition, le gouvernement fut contraint de voter en urgence le décret sur la propriété d’état des small data n’appartenant pas à la société Google Alphabet Incorporated, interdisant à quiconque de modifier et communiquer ses données personnelles de type “non Alpha”. À partir de là, mon état psychique n’a fait qu’empirer. Je n’ai plus de nom fixe. Tous les jours, l’algorithme m’attribue automatiquement un nouvel avatar. Le programmateur pourrait modifier sa fréquence de renouvellement, mais il y aurait un risque que nous nous attachions à un avatar plutôt qu’à un autre et qu’il soit plus difficile ensuite d’en changer. Au début, je trouvais inhumain de changer de nom chaque matin. J’ai fini par prendre le pli. C’est un peu comme changer de vêtements alors que l’uniforme, lui, reste toujours le même. On se fait une raison et sur ce point, j’ai laissé depuis longtemps mes convictions personnelles au vestiaire, si je puis dire. Le problème, c’est que je n’arrive pas à faire abstraction de qui je suis réellement. Je ne peux m’empêcher de penser à mon nom devant la glace en me rasant, sans avoir la nausée. Si j’ouvre un livre ou un magazine pour me détendre, je n’arrive pas à lire plus de quelques lignes sans être pris de violents maux de tête. La nuit, je fais souvent le même cauchemar : j’erre dans un cimetière à la recherche de la tombe de mon père, mort durant la première guerre des data contre l’Axe Oriental. Des noms sont gravés sur tous les monuments, mais quand je me retrouve devant le sien, toutes les lettres sont effacées, sauf deux : « I.D ». Au réveil, j’imagine le pire : mon nom ne m’appartient plus, ce n’est plus moi, je ne suis plus lui. Il s’est détaché de mon corps. Si je le porte, je risque d’être éliminé physiquement par celui qui me l’a volé. Si je l’abandonne, je deviendrai un simple I.D. sans nom. En volant mon nom, les pirates se sont emparés du même coup de mon passé et de mon avenir. J’ai compris que si je n’avais plus le droit de le porter mais qu’un inconnu pouvait le faire, non seulement mon nom n’était plus le mien, mais qu’il continuerait d’exister sans moi. Car il est impossible d’éliminer celui qui porte mon nom. Ils peuvent être des milliers en chair et en os, à se nourrir de mes data, dès lors que mon nom est enregistré dans leur mega-base ennemie. L’idée d’être dépossédé pour toujours de mon nom de famille et de savoir qu’il survivra contre ma volonté après ma mort, tout cela me rend fou. C’est comme si on avait dérobé la chose la plus vitale de mon existence, sans m’enlever la vie. Pour la première fois, je me demande vraiment qui je suis et ce que je vais devenir ? Certes, l’armée est une grande famille, mais j’ai aussi la mienne, mes parents, mes enfants… C’est en leur nom, si vous me permettez cette expression malheureuse, que j’ai pris la décision de vous écrire. J’en arrive donc à l’objet principal de ma lettre. Mon nom de naissance étant devenu trop lourd à porter, le seul fait de l’avoir constamment en tête nous rend vulnérables, moi et ma famille. Dans le but de nous prémunir aussi contre nous-mêmes, je vous demande d’examiner avec bienveillance cette demande de transfert de propriété de mon nom de famille à l’Etat, en échange de notre protection rapprochée. Je souhaite bénéficier de la procédure de sécurité prévue par la charte de nommage numérique dans le cadre de la loi de l’I.D., qui comprend l’effacement intrapersonnel de mon nom et mon renommage sous identité transhumaine de niveau 2. Concernant l’implantation du biochip satellitaire vivement recommandée par la compagnie d’assurance, je me pose encore une question d’ordre pratique certes, mais qui peut avoir des retombées psychologiques à long terme : l’option d’assistance automatisée par drone limitera-t-elle désormais notre liberté de déplacement aux seuls réseaux couverts par la surveillance nationale 24 heures sur 24 ? Sur ce dernier point, je m’en remets totalement à votre expérience pour nous garantir le plus haut niveau de sécurité, à ma femme et à mes enfants. Ari D. Nomex : Ari D. Niveau : 3 Zone : Nord occidentale ID : !#S@us!Wq0rtavcEnIgmA4110749

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